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dimanche 20 mai 2012

Araneus rota

Araneus rota ©Technischen Universität Berlin

L'Araneus rota est peut-être une nouvelle espèce d'araignée découverte il y a quelques années par un professeur de bionique, Ingo Rechenberg, pendant ses vacances au Maroc dans le désert du Sahara.
Araneus rota ©Technischen Universität Berlin
Cette araignée mesure une dizaine de centimètres de large avec ses pattes. Son nom latin, Araneus rota, lui vient de la façon originale qu'elle a de se déplacer : elle avance en roulant sur elle-même ! C'est pour aller plus vite qu'en marchant qu'elle se déplace ainsi et c'est efficace : elle est capable d'aller à une vitesse de deux mètres par seconde ! Ingo Rechenberg pense aussi que c'est pour économiser de l'énergie qu'elle roule sur elle-même.

Elle vit dans le sable du désert dans une poche de 20 centimètres qu'elle se confectionne, poche recouverte entièrement de soie par les soins de l'araignée.

En effet, toutes les araignées peuvent produire des fils de soie, de différentes consistances selon l'utilisation qu'elles en font. Les toiles d'araignée sont en fait de la soie collante, pour retenir des insectes, mais elles peuvent aussi faire de la soie non collante selon les besoins. Les araignées ont des sortes de "poches" de soie liquide, des glandes. Cette soie liquide se durcit au contact de l'air lorsque les araignées
l'utilisent. Si on comparait un fil de soie d'araignée à de l'acier de taille équivalente, alors le fil d'araignée serait bien plus solide !

Sur l'extrait vidéo suivant, vous pouvez voir comment l'araignée se déplace en roulant sur elle-même :
Bizarrement, elle monte sur la main du chercheur dans cette vidéo, comme si elle était un peu sociable... Il se peut que ce soit le sel de la transpiration de l'homme qui l'attire. En effet, le sel est indispensable pour fixer l'eau dans le corps, d'autant plus en climat désertique.

Sources
Photos : http://www.spiegel.de/fotostrecke/fotostrecke-39019.html
Vidéo complète : http://www.spiegel.de/video/video-47817.html
http://kaelus.blogspace.fr/1622117/L-araignee-qui-roule-dans-le-desert/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Araneae#La_soie
découverte grâce à :

http://www.bionik.tu-berlin.de/
http://www.bionik.tu-berlin.de/institut/n2rechenb.html
http://www.bionik.tu-berlin.de/institut/xstart.htm

mardi 6 mars 2012

Un chapardeur dans le centre de détention de Christmas Island : "Courage, fuyons !*"

*"Courage fuyons" film par Yves Robert en 1979.
Giant coconut crab, cliché ©probablement de B. Fernandez, août 2007, dans le "Christmas Island Detention Centre"

Le crabe de cocotier 
Il appartient à la même famille que le bernard-l'hermite.
C'est le plus grand crabe terrestre et même le plus grand arthropode terrestre (du grec arthron "articulation" et podos "pied").
Son nom latin est Birgus latro (venant du latin latro signifiant "brigand, voleur"). On l'appelle aussi "pagure larron", "crabe à bourse", "boursière" ou "crabe voleur", car il s'intéresse à tout ce qui a un rapport avec la nourriture, même à l'intérieur des habitations.
Ce qui le caractérise, en dehors de sa grande taille, est le fait qu'il ne peut pas aller dans l'eau : son système respiratoire est constitué d'un poumon branchiostégal, stade intermédiaire entre branchies et poumons, vestige de son évolution.
On le trouve depuis l'Océan Indien jusqu'à l'Océan Pacifique, mais les endroits où il est absent (Bornéo, Indonésie, Nouvelle-Guinée) correspondent aux zones où il a été consommé jusqu'à l'extinction.
L'homme le mange habituellement, mais quelques rares cas d'empoisonnement ont été relevés, dûs à la capacité de ce crabe à manger un peu tout, même des plantes toxiques.

Christmas Island
L'île où la première photo a été prise fait partie des territoires extérieurs de l'Australie depuis 1958 : auparavant, elle était sous domination britannique du fait de sa richesse en phosphates. C'est aussi une île d'origine volcanique.
Elle est située à l'est des Cocos Islands (Keeling), dans l'océan Indien, au nord-ouest et à 2 600 km des côtes de l'Australie (ville de Perth).
Les deux-tiers de l'île ont été déclarés Parc national en 1989, entre autres pour protéger une rare variété de petit crabe, le crabe rouge de l'île Christmas (Gecarcoidea natalis), qui n'existe d'ailleurs que sur cette île.

Christmas Island red crab, cliché ©R. Dominguez, janvier 2006
Dans les années 2001-2007, l'île est devenue le plus grand centre de détention australien, destiné à enfermer les migrants débarqués clandestinement sur Christmas Island et qui voulaient rejoindre l'Australie. C'est pourquoi l'île a été surnommée "l'île-prison".

Le crabe de cocotier dans le Pacifique
– le crabe de cocotier dans les îles Torres, au Vanuatu
Ne gutut [nəɣʉˈtʉt] "crabe de cocotier" – langue hiw, îles Torres, Vanuatu (cliché ©A. François)
   Le crabe de cocotier constitue un mets de choix, à la fois auprès de la population locale qui traditionnellement les chasse, mais aussi auprès de nombreux restaurants de la capitale, qui proposent sa chair délicate pour des prix comparables à ceux des homards et langoustes. Dans les îles, les crabes de cocotier (krab kokonas en pidgin) ont un régime alimentaire très "bio", consistant surtout en noix de coco. Ils constituent une part importante des revenus économiques des petites îles Torres.

– Crabe de cocotier à Motalava (l'une des îles Banks au Vanuatu)
"[…] mis à part les quelques petits perroquets ou chauves-souris que poursuivent les enfants, la terre ne présente guère d'animal sauvage. La seule exception peut-être, qui fait d'ailleurs la réputation de Motalava dans tout le Vanuatu, sont les délicieux "crabes de cocotier" (nadiy en langue mwotlap), qui ne se nourrissent que de noix de coco."
(sur le site d'A. François)

Quelques contes d'Océanie sur le crabe de cocotier
– en langue iaai (Ouvéa, îles Loyauté, Nouvelle-Calédonie) : « Le bernard-l'hermite et le crabe de cocotier » (texte recueilli par F. Ozanne-Rivierre vers 1948)
"Un jour, une grand'mère envoya chercher tous les animaux et les oiseaux de l'île pour une réunion.
Elle souhaitait les bénir
La nouvelle se répandit dans toute l'île.
Bon ! Voilà les animaux qui arrivent.
Ceux qui volent, ceux qui rampent et ceux qui marchent.
Grand'mère, nous sommes tous là, nous venons t'écouter
Vérifiez bien pour voir si vous êtes tous là.
Non ! Il y a deux absents,
ce sont les fameux crabe de cocotier et bernard-l'hermite. […]"
La suite *ici* (à lire ou à écouter).

– en langue fagauvea (Ohnyat près d'Ouvéa, îles Loyauté,  Nouvelle-Calédonie) : « Les deux bernard-l'hermite et le crabe de cocotier » (texte recueilli par Claire Moyse-Faurie en 1997)
"Voilà, c'est une histoire de bernard-l'hermite ; l'un d'eux sort de dessous une pierre; un autre arrive du bord de mer.
Ils s'en vont par là-bas, ils croisent un vieux en train de griller des trocas et des nérites.
En fait, il s'agit d'un vieux couple de bernard-l'hermite qui grille des trocas et des nérites puis jette les coquilles vides.
Le couple jette les coquilles vers la mer.
Les deux compères accourent depuis l'intérieur des terres et s'esclaffent : "Dis donc! Regarde là-bas au bord de mer, les manous, il y en a un pour moi !
La coquille de la nérite est trop petite mais par contre, celle du troca est bien, elle est grande."
Chacun essaie une coquille de troca.
L'un des deux s'enfile dans un grand troca, peut-être que son pantalon est grand !
Ensuite, ils repartent.
En fin de compte, l'un est entré dans une nérite, l'autre dans un troca.
C'est ainsi qu'ils remontent du bord de mer,
aperçoivent quelqu'un qui grimpe sur un tronc de cocotier, […]"
La suite *ici* (à lire et/ou à écouter).

– en langue araki (île d'Espiritu Santo, Vanuatu) ; traduction en anglais : « Hunting for coconut crab » (texte recueilli par A. François en 1998)
"Right now, I would like to tell the story of the coconut crab.
Two men went to Rahuna to look for coconut crabs.
They had taken water, they had taken ropes,
so that, if (one of them) heard a coconut-crab at the top of a tree,
... at the top of a palmtree, he could wet the rope with the water...
... and use it to climb up to the top of the palmtree,
... and seize the crab up there. […]"
La suite *ici* (à lire et/ou à écouter).

=> Pour en savoir plus :

mercredi 22 février 2012

Partie 2 : La physalie-les siphonophores

   Dans le précédent billet on a pu voir que le Glaucus atlanticus et le Glaucus marginatus (ou "dragons bleus") se nourrissaient principalement de méduses urticantes. Nous allons voir comment ils peuvent s'en nourrir sans en subir des conséquences, puis observer de plus près ce qu'est en réalité une physalie.


Le G. atlanticus, le G. marginatus et la physalie :
Portugiesische Galeere @SvenGrand, Wikipedia

   La physalie est l'espèce la plus urticante de celles dont se nourrissent les "dragons bleus". Comment font-ils pour se nourrir de leurs tentacules sans en subir quelques dommages ? En réalité, ils sont immuns face à leurs toxines, c'est-à-dire qu'ils sont protégés de leurs toxines. En plus d'être immunisés contre leurs toxines, les dragons bleus les réutilisent de manière à être toxiques à leur tour, un peu comme la grenouille à flèches empoisonnées. Il stock ces toxines (nématocystes) dans des sacs répartis sous sa peau sur l'ensemble de son corps. D'après certains scientifiques (Thompson et Bennett), cela serait principalement les toxines de la physalie qu'ils stockeraient, celles-ci étant des plus urticantes, et les autres étant le plus souvent digérées par les dragons bleus.

La physalie :
Portuguese man-of-war (Physalia physalis)
Ce n'est pas une espèce comme les autres : en réalité, il n'y a pas qu'une seule méduse composant la physalie, mais plusieurs petites méduses transparentes regroupées en colonies. Plus précisément, on les appelle des siphonophores, car comme on peut le voir ci-contre, les colonies de petites méduses ont une forme qui ressemble plus ou moins à un siphon.

Chaque individu de la colonie a son propre rôle à jouer pour permettre le fonctionnement général de la physalie. Un seul siphonophore peut être constitué de milliers d'individus.
Leur couleur est différente selon leur fonction au sein de la colonie : la partie supérieure est plutôt translucide et sert de "flotteur" et de "nageur". Les tentacules permettent aussi de flotter et de nager, mais elles sont composées de multiples filaments, pouvant atteindre jusqu'à 50 mètres, qui sont extrêmement urticants. Les brûlures qu'elles peuvent causer chez l'homme sont bien plus intenses que celles occasionnées par une ortie.


Sources :
http://faustine-simeon.suite101.fr/le-glaucus-atlanticus--un-etrange-animal-aquatique-a14257
http://fr.wikipedia.org/wiki/Glaucus_atlanticus#Alimentation
http://fr.wikipedia.org/wiki/Physalia_physalis
http://www.dinosoria.com/fonds_marins.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Siphonophorae
http://fr.wikipedia.org/wiki/Zooplancton 
http://www.cnrtl.fr/etymologie/siphonophores
http://www.maxisciences.com/m%e9duse/

samedi 11 février 2012

Partie 1 : Glaucus atlanticus & Glaucus marginatus

Dans mon dernier billet, je vous ai présenté une série d'espèces d'animaux plutôt étonnants. Dans celui-ci, je vais vous présenter un peu plus en détail les espèces Glaucus atlanticus et Glaucus marginatus :
@Taro Taylor, Wikipedia


   Ces animaux très étranges paraissent irréels, mais ils existent bel et bien et se trouvent dans les eaux tempérées et tropicales de la planète. En effet, on peut les trouver dans beaucoup d'océans (Pacifique, Atlantique, Indien) ainsi que dans le Golfe du Mexique, la Mer des Caraïbes et en Méditerranée.
Mais que sont-ils ? Quelle est la différence entre le Glaucus atlanticus (G. atlanticus) et le Glaucus marginatus (G. marginatus) ? Comment vivent-ils et comment se déplacent-ils ?


Leur nature :
  En fait, ce sont des gastéropodes de l'embranchement des mollusques, des "limaces de mer". On les appelle parfois aussi “dragon bleu” ou “hirondelle de mer”. Ils appartiennent à l'ordre des nudibranches. Le mot "nudibranche" vient du latin nudus signifiant "nu" et du grec brankhia, "branchies" : les nudibranches et plus particulièrement les Glaucus atlanticus et G. marginatus possèdent donc des branchies non protégées par une coquille, "nues".

Leurs différences :
   La seule différence entre les deux mollusques G. atlanticus et G. marginatus est leur taille et leur aspect. En effet, ils paraissent gigantesques sur l'image ci-dessus, mais en réalité le G. atlanticus (à gauche) mesure 3 à 6 centimètres de long tandis que le G. marginatus (à droite) mesure tout au plus 12 millimètres de long. De plus, le G. atlanticus paraît plus gracieux que le G. marginatus, car ses "membres" sont plus allongés et plus fins que le second.
Vous pouvez constater leur petite taille sur la photo ci-dessous :
Glaucus atlanticus, Punta del Diablo, Uruguay (extrait vidéo ©The Necronomicon I)

Leur mode de déplacement :
   On sait dans quelles zones de la planète les trouver, mais où peut-on les observer plus précisément ? Ils se déplacent à la surface de l'eau en flottant grâce à une bulle d’air maintenue dans leur estomac. Ils sont très lents et parcourent seulement une dizaine de centimètres en cinq minutes ! Comment faire pour échapper aux prédateurs avec cette lenteur ? Ils utilisent un mode de camouflage tout à fait original, et pour cela ils se déplacent la face ventrale vers le haut (celle que l'on voit sur la première image et sur la photo ci-dessus). Pourquoi cette particularité ? La couleur de leur dos, la face que les prédateurs marins voient, est gris argenté, tandis que la couleur de leur ventre, la face vues par les prédateurs aériens, est à dominante bleue. Ils deviennent donc invisibles pour tous leurs prédateurs.
Glaucus atlanticus, Punta del Diablo, Uruguay (extrait vidéo ©The Necronomicon I)

Leur nourriture :
   Ils se nourrissent principalement des tentacules de méduses. En effet, celles-ci flottent généralement à la surface de l’eau, elles sont donc au même niveau que les G. atlanticus et les G. marginatus. Parmi ces méduses, ils se nourrissent principalement de plusieurs espèces dites urticantes, de celles qui provoquent chez nous une sensation de brûlure accompagnée de démangeaisons.


Ci-dessous la physalie (Physalia physalis) qui fait partie de son alimentation :
Portugiesische Galeere @SvenGrand, Wikipedia


Si ces méduses sont urticantes, comment les G. atlanticus et G. marginatus peuvent-ils s’en nourrir sans être attaqués par leurs toxines ?

Je vous l'expliquerai dans mon prochain billet...

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Glaucus_atlanticus
http://fr.wikipedia.org/wiki/Glaucus_marginatus
http://www.seaslugforum.net/showall/glauatla
http://faustine-simeon.suite101.fr/le-glaucus-atlanticus--un-etrange-animal-aquatique-a14257
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nudibranchia

vendredi 3 février 2012

Spécial « […] bizarre… bizarre ? Comme c'est étrange ! »*

*Célèbre tirade de Louis Jouvet, dans le film "Drôle de drame" de Marcel Carné (1937)

  Il y a plus de 1 560 000 espèces répertoriées sur Terre, mais on estime qu'il en existerait entre 5,5 millions et 20 millions. Ces chiffres comprennent tout ce qui vit, depuis les bactéries et les virus jusqu'aux plus gros des vertébrés, en passant par les végétaux, les mollusques, les crustacés, les insectes, les araignées...
   Il reste encore au moins 4 millions d'autres espèces à découvrir parmi tous les êtres vivants. Le problème est que parmi celles-ci, il y en a une partie qui disparaît naturellement et une autre qui disparaît à cause de l'activité humaine, donc beaucoup d'espèces disparaissent avant même qu'on ait pu les découvrir !
   Dans ce billet, je vais donc vous présenter rapidement une série d'espèces plus ou moins connues qui pourront vous paraître étonnantes ou étranges.

The long-eared jerboa ©Oyunhishig Uuganbadrakh, Mongolian Edge fellow

La gerboise à longues oreilles, ci-contre, est une espèce qui a été découverte plutôt récemment, dans  l'écozone du Paléartique.











Ci-dessous, un crabe de cocotier, qui, comme vous pouvez le voir, est aussi gros qu'une poubelle ! On n'aimerait pas retrouver ça derrière la nôtre... Un billet lui est réservé ici.
Giant coconut crab ©Brian Fernandez?
août 2007, in the Christmas Island Detention Centre

Bug-Eyed Baby Aye-Aye Debuts ©National Geographic


Ci-contre un bébé aye-aye, un primate vivant à Madagascar.

Ci-dessous, on peut voir la plus petite espèce de grenouille au monde, la Paedophryne amauensis, installée sur une pièce que l'on appelle "dime", une pièce valant un dixième de dollard américain mesurant 17,91 mm. Donc cette grenouille fait moins d'un centimètre de longueur !
Si vous voulez en savoir plus sur d'autres espèces de grenouilles, cliquez ici.

World's smallest Vertebrate! ©Christopher Austin, Louisiana State University

New Horned Viper Found in "Secret" Spot ©Michele Menegon, Science Museum of Trento

Atheris matildae ou "Mathilda", la vipère à cornes.

Galápagos tortoises ©Mandy Quayle, Solent News












Sur la photo ci-contre, on peut voir une patte d'une tortue géante des îles du Galapagos et son bébé. Le bébé fait à peu près la taille d'une main humaine adulte, alors imaginez la taille de la mère...ou regardez ici.



The Momonga ©via Biodiversity News

Ces mignons petits rongeurs ne vivent qu'au Japon ! En effet, ils appartiennent à la race des Polatouche et ce sont des écureuils volants japonais. Leur description plus en détail ici.

Leaving a Mark  ©Suzanne Long



Ces escargots de mer violets déteindraient-ils ?











Portugiesische Galeere @SvenGrand, Wikipedia


Quelle est cette chose échouée sur la plage ? Serait-ce une sorte de plante, une bulle, une méduse ? Une seule de la réponse est la bonne : c'est une sorte de siphonophore...mais qu'est-ce qu'un siphonophore ? Peut-être y aura-t-il la réponse dans un prochain billet ?

@Taro Taylor, Wikipedia


Vous pouvez voir ci-contre un Glaucus atlanticus et un Glaucus marginatus. Ces magnifiques créatures paraissent irréelles : on les dirait sorties de notre imagination et dessinées sur ordinateur... Mais elles existent réellement ! Où existent-t-elles, quelles sont-elles ? Je vous donnerai toutes ces réponses dans un prochain billet.

Cabra cornudo unida ©Latrola.net, Revista digital de entretenimiento

Serait-ce une sorte de licorne ? Ou juste une chèvre qui aurait eu ses cornes fusionnées suite à une malformation génétique ?
Si vous vous demandez quels animaux ont pu inspirer le mythe de la licorne, je vous invite à aller voir les billets que j'ai déjà faits à ce sujet ici : introduction, les narvals, le rhinocéros et les autres animaux ayant inspirés le mythe de la licorne.







mardi 29 novembre 2011

Spécial "π-oeuvre", ou poulpe

   Le mot "poulpe" vient du grec polypous qui signifie "plusieurs pieds". La pieuvre ou poulpe est le nom utilisé pour de nombreuses espèces de céphalopodes, mot venant de Cephalopoda, du grec képhalé, "la tête", et pous, podos, "le pied". Les céphalopodes sont un embranchement des mollusques, comprenant aussi les calmars ou les seiches. Les octopodes, à huit pieds, sont une branche des céphalopodes. Je ne détaillerai pas plus l'organisation interne de cette étrange famille. Si vous désirez en savoir plus, jetez un coup d'oeil à mes sources.

Des dessins de céphalopodes ci-dessous :

Kunstformen der Natur (1904), plate 54: Gamochonia

On ne s'en doute pas, mais les pieuvres ont des qualités et des caractéristiques vraiment exceptionnelles.

   Tout d'abord, leur anatomie incroyable : un pied divisé en de nombreux bras, surmonté d'une tête. Les bras sont couverts de nombreuses ventouses (jusqu'à 200 sur chacun des bras) et au coeur de ces bras se trouve leur "bec" qui leur sert à manger des proies. Il y a à l'intérieur de leurs bras quelque chose de vraiment inhabituel : les pieuvre ont les deux tiers de leurs neurones dans leur bras ! Et le dernier tiers se trouve dans leur tête.

   Ces neurones plutôt bien répartis leur donnent une intelligence exceptionnelle : les céphalopodes sont considérés comme les plus intelligents des invertébrés, c'est-à-dire de ceux qui ne possèdent pas de colonne vertébrale. En effet, on aurait du mal à imaginer que ces poulpes sont capables de mémorisation et d'apprentissage : certains sont capables de retirer le couvercle d'un bocal contenant de la nourriture. Les poulpes peuvent donc apprendre par eux-même, mais on a aussi pu constater que les poulpes pouvaient transmettre des connaissances à d'autres poulpes du même groupe en leur montrant comment faire un geste ou un autre dans un certain but.
   Mais ils ne peuvent pas transmettre leurs connaissances à leur progéniture. En effet, les pieuvres surveillent sans arrêt leur oeufs jusqu'à ce qu'ils éclosent, puis meurent épuisées par le jeûne.
   On a pu voir certaines pieuvres disposer des coquillages autour de leur habitat, ce qui est interprété par certains comme une sorte de décoration, mais pourrait aussi être une forme d'appât. En effet, les coquillages brillent et font penser à des petits poissons ; les autres poissons pensent que les coquillages sont des poissons en train de manger quelque chose, ils vont les rejoindre et sont pris au piège, mangés par le poulpe ou la pieuvre.
   Les pieuvres sont aussi capables d'utiliser des outils pour se camoufler des prédateurs ou pour pouvoir mieux surprendre leurs proies. Regardez la vidéo ci-dessous où des pieuvres utilisent des noix de coco pour se camoufler, puis emmènent ces noix pour pouvoir ensuite les réutiliser si besoin.

Le lien de la vidéo complète ici : lien

   Un autre exemple datant du Ier siècle, écrit par Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle : « Le coquillage n'a ni la vue ni aucune autre sensation que celle qui lui fait connaître l'aliment et le danger. En conséquence, les poulpes guettent le moment où il est ouvert, et mettent un petit caillou entre les valves, mais en dehors du corps même de l'animal, de peur qu'il ne chasse le caillou par ses contractions : dès lors ils attaquent leur proie avec sécurité, et ils extraient les chairs ; l'animal se contracte, mais en vain ; un coin rend ses efforts inutiles. Tant est grande l'habileté des animaux même les plus stupides !  ». 
En effet, les poulpes se nourrissent de crabes et de coquillages, mais la seule partie de leur corps qui n'est pas molle est leur bec, donc elles doivent protéger leur tentacules et le reste de leur corps des pincements de leurs proies. Les pieuvres de taille normale peuvent aussi se nourrir de poissons et de gros poissons.

   Enfin, la pieuvre a le sang bleu car sa composition est différente de celle des vertébrés (l'hémoglobine est remplacée par l'hémocyanine), certaines espèces peuvent vivre jusqu'à 5 ans (à condition qu'elles ne se reproduisent pas), elles peuvent projeter des nuages d'encre et leur bras peuvent repousser s'ils sont sectionnés (comme chez l'axolotl).



Sources :
http://www.imaginascience.com/articles/biologie/vivant-etonnant/nature-etonnante6.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pieuvre
http://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_des_cephalopodes 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cephalopodes
http://fr.wikipedia.org/wiki/Octopode

mardi 22 novembre 2011

Le dytique

  J'ai découvert cet insecte quand j'étais toute petite, alors que j'étais en vacances dans le sud de la France. Il ressemblait à un gros scarabée noir. Mais le plus surprenant, c'est qu'en plus de marcher et voler... il nageait et plongeait sous l'eau ! Je l'appelais donc le "plongeur", par naïveté enfantine.

  On ne voit pas si souvent des insectes qui nagent ! Surtout lorsqu'ils ressemblent à de gros scarabées... Et on sait que la plupart des insectes meurent dans l'eau ! Comment le dytique se différencie-t-il des autres insectes ?

  Quand vous aurez jeté un coup d’oeil sur l'ensemble des différents dytiques ci-dessous, je vous donnerai de plus amples informations :

Fauna Germanica: Die Käfer des deutschen Reiches (vol. I, pl. 39), 1908
  Le dytique vit presque partout sur la planète, sous différentes formes, comme vous l'avez vu ci-dessus. Son nom vient du latin dytiscus qui provient du grec δυτικός signifiant "qui aime à plonger". Le dytique appartient à la famille des coléoptères (dont font partie aussi les scarabées). On peut qualifier les dytiques de "coléoptères dulçaquicoles" car ce sont des coléoptères vivant dans des eaux douces.

  La première chose particulière chez les dytiques est qu'ils possèdent sur leurs pattes arrières des poils : c'est ce qui leur permet de nager dans l'eau. Comme ils peuvent nager, cela signifie qu'ils peuvent se déplacer dans, sous l'eau et revenir à la surface selon leurs besoins.
Comment font-ils pour ne pas se noyer ? Ils font une provision d'air entre leurs ailes et leur abdomen. Lorsqu'ils nagent profondément, cet air est légèrement comprimé, et ils subissent la poussée d'Archimède les poussant vers la surface de l'eau. Dans ces cas-là, ils s'accrochent à des algues ou à des plantes avec leurs pattes garnies de poils pour lutter contre cette pression.
Ils n'ont pas de branchie leur permettant de respirer sous l'eau, juste une simple trachée : ils doivent donc remonter régulièrement à la surface.


  Ensuite, comme vous avez pu le voir, les larves du dytique ont des mandibules ! Elles peuvent aussi vivre dans l'eau, comme les adultes. Comme elles sont plus grandes que les dytiques adultes, ces larves sont mêmes capables de se nourrir de dytiques adultes.
En effet, les larves et les adultes sont tous deux carnivores. Les dytiques se nourrissent de têtards, de vers de vases, voire parfois de petits poissons, tandis que les larves sont capables de digérer la même chose à l'aide d'un venin semblable à celui des araignées, leur permettant de dissoudre les tissus de leur proies.


  Enfin, les dytiques ne sont actifs que pendant le printemps ! Le reste de l'année, ils hibernent dans le sol. Et c'est pendant le printemps qu'ils se reproduisent.

N.B. : Certains dytiques peuvent même vivre sous la glace et tous savent pincer ce qui passe à leur portée.

Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dytique

lundi 31 octobre 2011

L'artémie ou artémia

L'année dernière, pour le cadeau de Noël de ma petite soeur, je voulais trouver quelque chose d'original. Alors j'ai parcouru les magasins, jusqu'à me retrouver dans une boutique de jouets et de cadeaux. Dans un rayon, mon regard s'est attardé sur "Monstres marins" dont voici la pochette :
J'ai tout d'abord cru qu'il s'agissait de fausses bêtes, que c'était des jouets comme dans tout le magasin, mais cela m'intriguait quand même. Alors j'ai commencé à regarder d'un peu plus près les inscriptions sur la boîte, et j'ai commencé à lire : "Tu trouveras dans le sachet n°2 les oeufs vivants en « cristaux de vie instantanée » qui sont prêts à éclore au contact de l'eau !" alors j'ai commencé à douter sur la nature réelle de ce "jouet", j'ai continué à lire et, d'après les descriptions qu'ils en faisaient, ça avait vraiment l'air d'être une espèce vivante ! Je l'ai alors acheté et offert à ma petite soeur pour noël dernier.

Après avoir lu la "notice" sur les artémias qui était donnée avec la boîte et m'être un peu plus renseignée sur eux, j'ai pu retenir plusieurs informations intéressantes.

L'artémie ou artémia vient du grec ἀρτεμία qui signifie état sain, bon état, bonne santé. C'est un petit crustacé qui atteint maximum 2 centimètres de longueur, vivant le plus souvent dans des lacs salés, des lagunes ou des marais salants.
Les oeufs d'artémias, des cystes, sont très spéciaux : ils peuvent rester des années –jusqu'à 10 ans– sans éclore, dans certaines conditions. Ils peuvent résister à des températures extrêmes (de -190°C jusqu'à 105°C, mais ils ne peuvent résister à 105°C que durant 2 heures). On pense que ces oeufs ont leur métabolisme totalement arrêté, mais on en peut pas vérifier comme on ne peut pas encore le mesurer avec les techniques d'aujourd'hui. Le fait que ces oeufs restent dans cet état s'appelle la cryptobiose. Mais ils restent dans cet état seulement jusqu'au contact avec de l'eau, permettant de réhydrater les oeufs et de donner naissance à des artémias.
C'est grâce à ce système de reproduction et de conservation que les artémias traversent le temps depuis 100 à 400 millions d'années !

L'espèce donnée dans ce magasin est un hybride. En effet, des scientifiques l'ont modifiée génétiquement pour que cette espèce ne puisse vivre que dans l'eau douce, décalcifiée. Le but de cette modification génétique étant que si des enfants ou des adultes renversaient l'eau contenant les artémias dans une rivière ou dans les toilettes, les artémias ne prolifèrent pas à ces endroits.
Une autre espèce, non modifiée génétiquement, l'Artemia salina, est l'espèce la plus courante des artémias. Cette espèce sert souvent de nourriture à d'autres espèces aquatiques comme des poissons ou comme l'axolotl.

Des artémias salina :

Un artémia salina femelle, dans un micro aquarium :

Et là un artémia mâle dans un autre micro-aquarium :



Certaines conditions sont nécessaires à l'élevage des artémias, et celles pour les artémias que j'ai offert à ma petites soeur sont les suivantes :
  • L'eau doit bien être décalcifiée et purifiée avant de mettre les oeufs d'artémias dans le petit aquarium. Au bout de quelques heures après avoir mis les oeufs au contact de l'eau, on peut observer de minuscules petit "points" bougeant dans l'eau, mais on ne peut vraiment les voir nager qu'au bout de 3 jours.
  • On doit aussi les nourrir, mais juste une fois par semaine, et dans une cuillère dosette spéciale (trop de nourriture serait dangereux pour eux). Leur alimentation est une sorte d'algue, ici nous les nourrissons avec du phytoplancton en poudre.
  • Enfin, une condition plutôt "contraignante" : ils doivent être gardés à une température entre 20 et 27°C.



Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Art%C3%A9mie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Artemia_salina
http://www.espace-sciences.org/archives/science/11826.html
Dont la "notice" des artémias donnée avec la boîte contenant les oeufs d'artémias 
Les vidéos :
http://www.aqualiment.org/video/artemias-salina-adsl.php
http://www.aqualiment.org/video/artemia-femelle-en-micro-aquarium.php
http://www.aqualiment.org/video/artemia-male-en-micro-aquarium.php